LES NUDGES : comment sommes-nous influencés dans nos comportements individuels liés aux transports ?

mercredi 18 novembre 2020 à 18h30

Gratuit, sur réservation
par Anne Fournier, enseignant-chercheur en sciences économiques et Ankinée Kirakozian, maître de conférences, Bureau d’Economie Théorique et Appliquée (CNRS), MINES de Nancy (Université de Lorraine)

Pourquoi décidons-nous d’utiliser le vélo plutôt que la voiture ? Pourquoi co-voiturons-nous ?…

Le CRISS (Centre de Recherche Interdisciplinaire en Sciences de la Société de l’UPHF) travaille sur la question des nudges, ces suggestions indirectes qui peuvent, sans forcer, influencer les motivations, les incitations et la prise de décision des groupes et des individus.

Dans le cas de la mobilité individuelle, plus que pour tout autre sujet relatif à l’environnement, les ambitions écologiques des gouvernements successifs semblent systématiquement s’être heurtées à l’acceptabilité sociale des mesures; sentiment d’injustice face à des choix souvent contraints et peu réversibles, inégalités manifestes liées à la diversité du territoire français, ou encore dépendance tant physique que psychologique à la voiture individuelle pour un grand nombre de ménages constituent autant de freins à la mise en place d’une stratégie nationale de régulation des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le secteur des transports.

La réduction du bilan carbone lié aux déplacements individuels et à la mobilité quotidienne reste malgré tout un impératif pour atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris sur le climat [Nations Unies, 2015]. Se pose donc inéluctablement la question des leviers d’action alternatifs à l’instauration d’une contribution financière sur l’utilisation de carburant (« taxe carbone »). Parmi ceux-ci, l’option consistant à appréhender la dimension comportementale dans les choix de mobilités des individus et à agir, en conséquence, à l’aide de mesures incitatives ciblées semble plus que prometteuse.

Après un bref aperçu sur les habitudes de mobilité des ménages en France et ses impacts tant sanitaires qu’environnementaux, nous passerons en revue et évaluerons un ensemble de mesures de politiques publiques dédiés à l’atténuation de ces nuisances. Nous nous focaliserons plus longuement, dans un second temps, sur les politiques de type « nudge » (coup de pouce) et tenterons de comprendre comment ces mesures incitatives ciblées et non financières peuvent s’inscrire efficacement dans une stratégie nationale de transition vers une mobilité plus durable en tant qu’alternative -ou potentiel premier pas- à une politique fiscale uniforme et commune à l’ensemble du territoire français.


Maître de conférences en sciences économiques à l’Université Polytechnique Hauts-de-France depuis 2016, la recherche d’Anne Fournier porte principalement sur les déterminants des choix de localisation des agents, la modélisation microéconomique des décisions, et les politiques publiques de transition vers des territoires plus durables et résilients. À la frontière entre économie géographique et économie publique, ses travaux ont pour ambition commune de permettre la conduite d’une analyse formalisée des arbitrages économiques et environnementaux dans un cadre spatial explicite. Regroupés sous une problématique large de durabilité des territoires, ils s’articulent autour de deux thématiques connexes: 

  • le développement d’une stratégie d’approvisionnement alimentaire durable en milieu urbain ;
  • l’atténuation des impacts environnementaux liés aux choix de localisation et de transport des ménages
     Outre la coordination du projet, son action au sein d’[IMP]2ULCE consiste à élaborer un cadre théorique de référence permettant de modéliser les comportements des ménages face à des politiques de type ‘nudges’ .
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